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George W. Bush (le vendredi 3 octobre 2008), signant le décret de promulgation du plan Henry Paulson, quelques heures après le vote de la Chambre des représentants. (Photo AFP).

Nicolas Sarkozy recevant samedi 4 octobre 2008, à l'Élysée, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI). (Photo AFP).

Photo de famille du G4 européen, sur le perron de l'Élysée, le 4 octobre. On aperçoit Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), à la droite du président de la République française, président de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy. (Photo Marianne).

 

Le nouveau président des États-Unis, Barack Obama, au sommet du G20 à Londres, s'est bien gardé de remettre en question les fondamentaux du capitalisme occidental auquel l'Amérique est viscéralement attaché. Il s'est, bien sûr, comme les 19 autres chefs d'État, prononcé pour une régulation du système financier et économique, mais il ne faut pas demander à cet ancien d'avocat d'affaires de faire le procès du capitalisme libéral.

 

 

Ci-dessus :
Joseph STIGLITZ
(pochette d'un DVD-Challenges)
Le prix Nobel y est interrogé par Jacques Sarasin au cours de cinq entretiens, consacrés à une étude approfondie des méfaits de notre système économique et financier sur l'équilibre du monde, où la mondialisation est mise au banc des accusés. Joseph Stiglitz est également l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'économie mondiale et le système financier, dont ces deux titres publiés chez Fayard : "Quand le capitalisme perd la tête" et "La grande désillusion". Dans ce dernier ouvrage, il écrit : "Aujourd'hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l'environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l'économie mondiale." Joseph Stiglitz, ancien conseiller de Bill Clinton, a été également vice-président de la Banque Mondiale, mais en novembre 1999, il a dû démissionner de son poste : "Plutôt que d'être muselé, j'ai préféré partir", explique-t-il. Stiglitz est, entre autres, l'un des conseillers de Sarkozy. Qu'attend donc le Président pour suivre les précieux conseils de ce sage ? |

 
LE SYNDROME DU TITANIC
(film de Nicolas Hulot, qui sort aujourd'hui)
Ce film brosse "un portrait alarmant de l'humanité qui, telle le Titanic, se croit insubmersible", explique son auteur. Nicolas Hulot parle, bien sûr, d'écologie, mais il va beaucoup plus loin, en s'interrogeant sur notre modèle économique, et en mettant en avant la notion de partage, chère à Maitreya et aux Maîtres. Il dénonce la société de consommation, le capitalisme sauvage. Il met en garde contre l'obsession de la croissance, contre la confusion entre le réel et le virtuel. Nous retrouvons là les thèmes développés dans cette page. Car finalement, c'est l'argent détourné de sa destination première, c'est la spéculation en Bourse (cette économie virtuelle) qui nous menacent de naufrage. À n'en pas douter, nous naviguons bien sur un "Titanic" économique. Attention au naufrage ! Lorsqu'il se produira, il se trouvera encore des irresponsables politiques pour déclarer béatement : "On ne pouvait pas le prévoir." Ils avaient dit la même chose, au lendemain du krach d'octobre 2008, alors que tous les indicateurs étaient au rouge et que nombre de gens éclairés les avaient avertis de ce qui risquait de se passer.
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Il y a un peu plus d'un an, la Bourse était déjà dans la tourmente. Aujourd'hui, la situation s'est considérablement aggravée. Il y a trois jours, le 3 octobre, le Congrès américain a voté un plan de sauvetage bancaire de 700 milliards de dollars, élaboré par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, baptisé "Loi de stabilisation économique d'urgence 2008". Il s'agissait de racheter les actifs "toxiques" (les fameux "subprimes" du secteur immobilier) des banques d'affaires qui, les unes après les autres, suite à une crise de confiance, venaient de faire faillite, en entraînant la chute vertigineuse de toutes les bourses mondiales. Ce plan de sauvetage a été promulgué presque immédiatement par le Président américain, George W. Bush.
Pouvait-on prévoir cette débâcle financière ? Bien sûr. Tout avait déjà été dit à ce sujet. Tous les signaux étaient au rouge depuis plus d'un an. Des individus lucides dont de nombreux économistes et experts indépendants avaient prévenu que l'effondrement du système financier était inévitable, qu'il se produirait justement en début d'automne 2008 (LEAP/GEAB). Des pétitions à l'échelon européen contre la spéculation financière avaient même circulé ; une lettre collective, intitulée "Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner", avait été adressée à Nicolas Sarkozy (voir page précédente). L'Instructeur mondial lui-même, Maitreya (celui que certains appellent le Christ), n'a cessé depuis plus de vingt ans d'alerter les hommes sur le danger que représente la spéculation financière, à travers laquelle, d'après lui, agissent les forces du mal.
Nos dirigeants politiques ont fait fi de tous les avertissements, de quelque bord qu'ils viennent. Maintenant, ils crient au feu, après l'avoir alimenté eux-mêmes, et c'est à coup de centaines de milliards (700 milliards de dollars en Amérique) qu'ils entreprennent de sauver les "bandits de la finance", comme on les appelle Outre-Atlantique. En Europe, où la crise financière a également des conséquences importantes, puisqu'un bon nombre de banques possède dans leurs portefeuilles les actifs "toxiques" américains, on cherche actuellement des solutions pour venir en aide aux établissements touchés. À cet effet, Nicolas Sarkozy, en tant que président de l'Union européenne, a réuni samedi 4 octobre, à l'Élysée, la chancelière allemande, Angela Merkel, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi et le Premier ministre britannique, Gordon Brown, pour un mini-sommet, surnommé G4. Avant le début du sommet, le Président avait reçu Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI (Fonds monétaire international). On sait à présent que les banques françaises ont déjà perdu, quant à elles, 20 milliards d'euros, suite à la crise des subprimes. La banque franco-belge Dexia a été sauvée de la faillite par une nationalisation. La France y a injecté 3 milliards d'euros, dont deux à la charge de la Caisse des dépôts et consignations. Les sauvetages sont loin d'être terminés.
Ils soutiennent les puissances de l'argent plutôt que le pouvoir d'achat
Deux Américains sur trois se déclarent contre le plan de sauvetage Paulson. En Europe également, ce plan est loin de faire l'unanimité parmi les citoyens. En effet, ces sauvetages d'urgence en Amérique et en Europe, dont on dit dans les milieux politiques qu'ils étaient nécessaires pour éviter une catastrophe économique, sont mal perçus par un public qui reproche à ses dirigeants de soutenir les puissances de l'argent plutôt que le pouvoir d'achat, de défendre le capital plutôt que les emplois menacés. On constate effectivement que les États capitalistes ne rechignent pas à sauver des spéculateurs, en déversant dans le système financier des milliards ou des centaines de milliards de dollars ou d'euros, par le biais de nationalisations de banques. Mais en revanche, ces mêmes États sont incapables de sauver leurs systèmes de santé et de retraite, lorsque ceux-ci sont déficitaires ou menacés. En France, les retraites viennent d'être revalorisées de... 0,8 % ! Ces États, à économie libérale, voire ultra-libérale, qui ont tendance à privatiser pratiquement tous les services publics (électricité, gaz, bientôt la Poste chez nous), n'hésitent pourtant pas à nationaliser des banques, lorsqu'elles sont en difficulté pour avoir effectué des opérations foireuses. On est là en pleine incohérence. On voit bien ce que vaut la doctrine du libéralisme économique, où le marché est censé se réguler tout seul et maintenir lui-même son équilibre !
La doctrine économique libérale, selon laquelle l'État ne doit pas être interventionniste, pour ne pas gêner le libre jeu de la concurrence, vient de faire la preuve qu'elle est complètement en inadéquation avec la réalité économique, qu'elle est bâtie sur des principes erronés, qu'elle ne répond à aucune rigueur scientifique, qu'elle est l'exemple même de ce qu'on appelle une fausse science. Nos vieilles structures sont donc devenues obsolètes. Elles doivent être modifiées en profondeur. Ce n'est pas seulement notre système financier qui doit être remis en cause, contrairement à ce que croient nos dirigeants. C'est notre système d'économie libérale, dans sa globalité, qui doit être réformé, pour ne pas dire transformé de fond en comble. C'est bien lui qui a conduit à la spéculation sauvage sans mesure, ayant entraîné la crise financière. Il serait donc absurde de vouloir réformer le financier, sans toucher à l' économique. C'est pourtant la position que semblent vouloir adopter tous les dirigeants occidentaux. Ils sont bien d'accord pour réformer le système financier, mais ils ne veulent pas toucher à l'économie de marché ! Le président Nicolas Sarkozy a même déclaré : "Dans la crise, il faut justement renforcer la compétitivité." En sauvant, à coup de centaines de milliards, les banques défaillantes qui ont joué au casino ? En France, 360 milliards d'euros seront finalement affectés à ce sauvetage, dont 10,5 milliards débloqués immédiatement sous forme de prêts aux six principales banques françaises. Et après ?
Du capitalisme financier au capitalisme social
Après, nos responsables politiques, sous la pression du peuple, seront acculés à changer ce système économique égoïste, inégalitaire où les chances sont justement loin d'être égales pour tous, contrairement à ce que prétendent les tenants du libéralisme. Ce système favorise les forts et les riches, les multinationales - accapareuses de biens et de matières premières -, mais défavorise ou paralyse les plus faibles, les plus pauvres qui, eux, ne peuvent pas entrer dans le jeu de la concurrence et de la compétition, puisqu'ils n'en ont pas les moyens. Ce système est générateur d'injustices sociales criantes, puisqu'on nationalise les pertes (plans de sauvetage des banques) et privatise les profits, puisque l'argent est monopolisé par une minorité d'individus et qu'il ne circule pas pour le bien de tous, pour le soutien de l'économie. Ce système est pervers et immoral, puisqu'il taxe lourdement les revenus du travail et fait la part belle à ceux du capital, puisqu'il favorise des délocalisations d'entreprises à l'étranger, au nom de la rentabilité et du profit, en laissant sur le carreau des centaines et des milliers d'ouvriers. Ce système économique, parce qu'il est fondé sur le capitalisme financier, déshumanise notre société et la conduit au bord du précipice.
Il faut agir très vite, en instaurant un nouvel ordre économique mondial, bâti sur une économie mixte, avec par exemple 70 % de socialisme et 30 % de capitalisme (à l'heure actuelle, ces pourcentages sont inversés), qui permette un partage équitable des richesses entre tous les membres de la famille humaine. Il faut enterrer le capitalisme financier, afin de donner naissance au capitalisme social. Dans cette nouvelle structure, l'État n'interviendrait plus comme pompier pour éteindre au coup par coup les incendies provoqués par les crises, mais en tant que régulateur permanent de l'activité financière et économique. Les Banques centrales devraient perdre évidemment leur indépendance. Ce qui empêcherait les financiers de continuer de faire leur petite popote entre eux. Il reste peu de temps pour mettre en place cette structure économico-financière où l'argent-roi sera... décapité, où le plus gros ne bouffera plus le plus petit, mais où la justice et le partage feront régner la paix et la prospérité sur terre, car il n'y aura plus compétition, synonyme d'exclusion, mais au contraire coopération, synonyme d'union et de fraternité. (6 /10/08).
Actualisation (21 décembre 2008) :
UN G20... EN VAIN
Quelques jours avant le sommet du G20, organisé à Washington, les 14 et 15 novembre 2008, autour de George Bush, le Président Sarkozy parlait de la nécessité de refonder le capitalisme mondial. On pensait alors que le chef de l'Etat français était en train d'évoluer vers l'idée d'une remise à plat de cette fameuse économie de marché, fondée sur la compétition, et donc sur l'injustice. Malheureusement, au cours de ce premier sommet, ni Sarkozy ni aucun autre chef d'Etat et de gouvernement n'ont osé remettre vraiment en cause les principes fondamentaux du libéralisme économique, dont George Bush lui-même reste l'un des plus farouches défenseurs. Nos dirigeants actuels n'ont donc rien compris à la situation. Ils persévèrent dans leurs mêmes errements. Ils n'ont pas de vision. Ils sont incorrigiblement braqués sur leurs vieux principes. Ce sont déjà des hommes du passé. Les événements se chargeront, à coup sûr, de les ramener à la réalité.
Actualisation (06 avril 2009) :
UN NOUVEAU G20 POUR "MORALISER" LE SYSTÈME
... ET RECOMMENCER COMME AVANT !
Comme il fallait s'y attendre, le G20-bis qui s'est réuni le 2 avril 2009 à Londres a encore déçu les espoirs de ceux qui attendaient une refondation totale du capitalisme libéral, en commençant par les dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé dans la capitale britannique à cette occasion, sans que leurs appels soient entendus. Pourtant, le communiqué final de ces vingt chefs d'État et de gouvernement se voulait triomphant. D'après eux, ce G20 est une réussite incontestable. Le président Sarkozy lui-même a parlé d' "avancées jamais vues". Il est vrai qu'il a été question de moralisation du système (régulation, contrôle, lutte contre les paradis fiscaux...). Mais il ne faut pas s'y méprendre. La morale des affaires est faite sur "mesure". Il s'agit d'une morale convenue où l'on cherche avant tout à y mettre la manière, pour ne pas faire trop de vagues et conserver ainsi sa respectabilité. Et puis, il faut également se donner bonne conscience !
La vraie morale n'est pas dans les formes mais dans le fond. Elle est fondée sur l'innocuité. Elle ne lèse personne. Est-ce bien le cas du système économique et financier qu'on appelle libéral ? Assurément, non ! La morale qui y est appliquée n'est pas ouverte à la solidarité, à la coopération entre tous les membres de la famille humaine. En réalité, les principes mêmes du capitalisme libéral sont immoraux. Il est évident que tout système, comme celui-ci, qui favorise les plus forts, les plus riches, les plus combatifs et lèse les plus faibles, les plus humbles, les plus pauvres est immoral dans son essence même, puisqu'il est inégalitaire, et donc injuste. Pour cette raison, il ne peut être viable. En effet, il porte en lui le germe de sa propre destruction. Pourtant, Barack Obama, le nouveau président des Etats-Unis, et d'autres dirigeants mondiaux croient à un retour progressif de la croissance économique, à partir de 2010. Il s'agit là d'une illusion. Si la croissance revient un moment, elle ne pourra plus se maintenir dans un monde si injuste. C'est évident ! Ce système économique a maintenant atteint son seuil critique. Il est cliniquement mort. La puissance de destruction de la course au profit s'est finalement traduite par le chaos économique. Sérieux avertissement adressé aux hommes d'argent et aux hommes de pouvoir, et donc à nos gouvernants eux-mêmes ! Ceux qui veulent seulement réparer les dégâts de la crise, et recommencer comme avant, pour faire redémarrer la "croissance" - qui continuerait de ne profiter qu'aux riches, comme d'habitude - n'ont pas encore compris que les mêmes vieilles méthodes du passé ne peuvent plus s'appliquer à une société qui est en train de s'édifier sur une autre échelle de valeurs.
Actualisation (20 août 2009) :
REPRISE ÉCONOMIQUE... !
MAIS POUR QUI ?
"Cessation de paiement des USA et du Royaume Uni d'ici à la fin de l'année 2009". Cette funeste prévision est faite par le GEAB (Global Europe Anticipation Bulletin), dans son Édition spéciale de l'été, en date du 16 juin 2009. Le GEAB, organe de prospective en matière économique et financière, est édité par le LEAP (Laboratoire européen d'anticipation politique). Il faut savoir que le LEAP/GEAB avait prédit plusieurs mois à l'avance le krach financier de septembre 2008. Cette fois, le Bulletin n'utilise plus le terme de krach mais parle de "vagues scélérates" destructrices qui vont s'abattre sur l'économie mondiale. On voit que le scénario catastrophe prévu par le GEAB pour cette année n'est pas plus rassurant que ses prédictions de l'année dernière.
La reprise claironnée par nos dirigeants politiques est un leurre. Le LEAP, lui, ne voit pas de reprise économique à l'horizon. Ses spécialistes sont formels. "Contrairement au discours médiatique et politique dominant actuellement, l'équipe du LEAP/E2020 n'envisage pas de reprise après l'été 2009 (ni d'ailleurs dans les 12 mois à venir). Bien au contraire, du fait de l'absence de traitement de fond des problèmes à l'origine de la crise, nous considérons que l'été 2009 va voir la convergence de trois "vagues scélérates" particulièrement destructrices qui traduisent la poursuite de l'aggravation de la crise et vont provoquer des bouleversements historiques d'ici les mois de septembre/octobre 2009."
Les trois "vagues scélérates" sont d'après le LEAP/GEAB : 1) une vague de chômage massif ; 2) une vague déferlante de faillites en série ; 3) une vague de crise terminale des Bons du Trésor américain, du dollar et de la livre et du retour de l'inflation.
Les faillites concernent aussi bien les entreprises privées que publiques, aussi bien les régions que les États. De nombreuses banques (surtout en Amérique) seraient à nouveau insolvables, souvent les mêmes qui ont été sauvées par leur propre gouvernement, à la suite des plans de relance massifs, et feraient encore faillite. Où serait alors passé le pactole qu'elles ont engrangé ?
Quant aux Bons du Trésor US, ils suscitent depuis un certain temps la plus grande méfiance, surtout de la part des Chinois, qui essaient de s'en débarrasser. "Avec un volume d'émission de Bons du Trésor US, qui est désormais passé à plus de 100 milliards par mois (contre des pics à seulement 10 milliards par mois auparavant), écrit le GEAB, le rythme de la rupture s'impose naturellement."... "La seule question pour les détenteurs de Bons du Trésor US n'est pas de savoir "si" mais "quand" et "comment" la grande braderie des Bons du Trésor US (et des Gilts britanniques) va se dérouler. En tout cas, il nous paraît évident qu'il est désormais extrêmement dangereux d'en acheter." Au final, il se produirait un effondrement du dollar et de la livre sterling. D'où les prévisions alarmistes de faillites d'États (l'État américain, le Royaume Uni). Mais d'autres États seraient par la suite entraînés dans la même tourmente, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer sur le terrain social. Les pays où la protection sociale est développée, où le traitement du chômage se situe à un niveau satisfaisant, comme en France par exemple, les effets de la crise seraient retardés (1er trimestre 2010).
Il ne faut surtout pas se faire d'illusion : toute la planète est concernée par une crise durable (mondialisation oblige), qui a commencé en octobre 2008, s'aggravera considérablement au dernier trimestre 2009, puis pendant toute l'année 2010, et probablement au-delà. Pour sortir de la crise, il ne suffit pas de lutter contre les paradis fiscaux, d' "encadrer" les traders, de limiter leur super bonus... et se donner ainsi bonne conscience. C'est le système en lui-même qui est mauvais. C'est lui qu'il faut changer. L'économie de marché, où le profit est la règle d'or, est responsable du fiasco économique. Elle est génératrice de conflits, de mécontentements, d'injustices criantes. Elle conduira le monde au bord du précipice. Si rien n'est fait pour changer la donne, une révolution est inévitable, qui balayera nos leaders politiques irresponsables. Il n'est pas trop tard pour revenir à la sagesse. Mais il faut agir vite. Certains économistes, plus éclairés que d'autres, stigmatisent la mondialisation, ce canal par lequel le capitalisme sauvage étend son hégémonie sur toute la planète. Parmi eux, Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie (voir photo et encadré ci-contre). Réfléchissons avec M. Stiglitz sur les méfaits de la mondialisation et franchissons le pas, en mettant en place un système fondé sur la coopération et non plus sur la compétition, source d'njustice et d'inégalité.
Actualisation (07 octobre 2009) :
PENDANT QUE LA BOURSE SE MAINTIENT OU GRIMPE
L'ÉCONOMIE SE DÉGRADE
Beaucoup de nos concitoyens actuellement s'étonnent que les cours de la Bourse puissent grimper ou se maintenir à un niveau très satisfaisant, alors que dans le même temps l'économie se dégrade sérieusement. L'explication est simple. La finance, étant devenue hautement spéculative, s'est coupée de l'économie réelle. L'argent des spéculateurs en Bourse ne profite pas à l'économie de terrain ; il ne profite pas vraiment à l'investissement à long terme dans les entreprises mais sert surtout les intérêts égoïstes d'une poignée d'individus, avides de profits immédiats, et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur porte-monnaie.
La "bonne" santé de la Bourse s'explique également par les statistiques truquées faisant actuellement état d'une reprise de l'économie. Ce qui contribue à doper le moral des spéculateurs et à leur redonner confiance. On sait que la psychologie joue un rôle important dans l'activité boursière. On a donc cherché dans les hautes sphères du pouvoir et de la finance - qui ont partie liée - à créer un climat d'optimisme, non dépourvu d'arrière-pensée, qui soit de nature à soutenir le marché boursier. Il faut voir là une volonté affichée par nos autorités dirigeantes de préserver les puissances de l'argent. Ce qui indirectement fait le jeu des spéculateurs. Il est maintenant évident pour tous les observateurs éclairés que le gouvernement, les responsables politiques, certains économistes sans morale nous mentent sur la situation réelle de notre économie. Ils veulent nous faire croire que lorsque la Bourse va, l'économie se porte bien. On nous cache la vérité. On nous manipule. On nous prend tout simplement pour des imbéciles. Avec le chômage qui s'accroît dangereusement, les faillites d'entreprises qui se multiplient, on ne peut pas parler de reprise, en faisant valoir que le bon maintien de la Bourse est un indicateur de celui de l'économie. Lorsque les hommes d'argent spéculent, ils ne font rien en faveur du marché du travail. Il n'y a de reprise que pour eux. Si croissance, il y a, elle ne concerne que leur argent, leurs actions. Ces gens-là se désintéressent complètement des salariés, des travailleurs sur le dos desquels ils s'enrichissent sans vergogne. Ce qui est navrant, c'est que les médias eux-mêmes annoncent tous les jours que la reprise revient, tout en faisant état, du reste, des nombreux licenciements, de l'augmentation du chômage, du nombre important de faillites d'entreprises. Eux non plus n'ont pas compris qu'il ne peut y avoir de reprise, s'il y a marasme économique, si tous les jours les pauvres s'appauvrissent encore un peu plus, et si en nombre toujours croissant les patrons de PME se débattent dans les pires difficultés pour tenter de se maintenir à flot. Ceux qui "font l'opinion" - autrement dit les médias - se contentent de suivre la pensée unique, dictée par les autorités dirigeantes, en répétant à tue-tête les bonnes paroles politiquement ou économiquement correctes. On appelle cela la presse libre.
Tant qu'il ne se trouvera pas suffisamment de journalistes indépendants - comme ceux de Marianne, par exemple - pour dénoncer ce système économique pourri, soutenu par une presse "traditionnelle"complice, le sort de la société française, comme celui des autres sociétés humaines, victimes du capitalisme sauvage, va s'aggraver de jour en jour. Jusqu'à ce qu'apparaisse un point de rupture marquant brutalement la fin de l'impérialisme financier occidental, qui a déjà étendu dangereusement ses tentacules dans le monde entier.
Lorsque cet événement inévitable se produira, on parviendra à un usage plus sain de l'argent. L'idée de partage se substituera alors progressivement à celle de compétition, de concurrence. La mondialisation dégradante, imposée par les hommes d'argent, aura alors vécu (Voir encadré ci-contre : "Le syndrome du Titanic".
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